querelles assassines

Il y a un an

sur le pouce

Dimanche 13 novembre 2011 à 18:24

 À minuit ce matin et les rides du coin de la bouche sourient au plus malin. J'ai voulu vous avoir, nu dans mon corps et mille délices ensuite. Vous y avez versé, votre semence, vos espérances de mal en queue-de-pie, votre arrogance de puceaulitaire. À moi la démesure, que mon corps à jamais se referme sur votre étrange verge, insoluble et poilue. 
Je n'ai aimé les hommes que dans votre langage, avec la pluie sous l'oeil, avec le romantisme en confiture d'oignon. Je n'ai aimé les hommes que dans leur liturgie, dans leurs fracassantes nuits. 
Je prends parfois le plaisir d'en rire, mon corps ploie, c'est à vous que j'offrais mes mains, les hanches aussi. À vous que j'ai donné mes orgasmes d'idées. 
Je ne fais plus l'amour aux hommes intelligents. Avant il n'y avait qu'eux, vous cher ami, sensible à mes envies, regardant trop le lit, léchant sans s'arrêter pour m'électrocuter. 
La taille de l'encéphale n'est jamais, je le pense, si significative et lors de nos ébats je vous entendais dire que la Constitution était comme un poème délicat et serein qui enserrait l'Etat. Comprenez donc comment, il était mal aisé pour moi de bien baiser et combien de ces nuits j'ai passé à creuser cette pensée maladive qui faisait de mon corps une encyclopédie, et de votre pénis une liseuse pleine d'ennui.

Je préfère aujourd'hui ces hommes qui se déversent en gardant leur savoir dans un petit écrin, le coin de leur cerveau le protégeant si bien. Je préfère l'animal qui de sa bouche velue n'essaie pas de me vaincre au Scrabble du désir. Je préfère encore des mains lourdes, qui savent d'instinct où est l'endroit, que des cerveaux téléguidés, par des années philosophiques, à penser le coït en complexe freudien. 

Oui, je l'avoue, j'aime l'animalité, le sexe sauvage et dur, dressé sur trois mât et toutes vos belles idées, cher ami, je les aime, quand j'aurai fait l'amour à m'en briser les reins. 

Dimanche 21 août 2011 à 15:14

 Il m'a laissé les murs retapissés de rouge. La lueur d'une passion qui s'est enfuit si vite, qui a fardé mes nuits et rembrunit mon coeur. J'étais si jeune et le goût de sa bouche était d'une harmonie en tout point comparable à l'air du paradis. J'avais seize ans. Le cran de l'aimer, de lui ouvrir la porte et de rester derrière, tapie dans l'ombre en attendant qu'il entre. 
Je l'aime tu sais. J'ai vingt deux ans et je n'attends plus personne. J'ai laissé les hommes las, dépareillés et sots se glisser dans mon corps et maintenant qu'ils ont fui ou que je suis partie je me regarde un peu de côté, de profil, de face, de fesses rebondies en cheveux allongés et la bouche en coin je marmonne, déçue. 
Quelques kilos en trop parsèment ce corps qu'il y a un an encore était caressé par ses mains jouissantes et extasiées de le trouver si doux et rond dans la mesure. 
Mes seins ont durci, leur pointe fière et dressée vers l'avenir incertain des corps qui se mélangent. Mon ventre s'est arrondi, mes cuisses courbées, mon dos bruni, mes yeux ternis. 
La lueur de la lampe sur la table de chevet ravive tous les souvenirs que je reconstitue. Je fabrique chaque soir avant d'aller dormir, l'histoire de mon histoire, celle que je raconterai quand ils seront plus vieux. 
J'apprends à dire "ton père tu sais était un homme si doué". 
Mais de quel père elle parle. 
Je me demande si je suis obligée de passer les détails de mes nuits amoureuses de ces nuits orgasmiques qui m'ont fendu le corps. 
Est-ce qu'on peut dire à ses enfants qu'on a jouit très fort au rythme délicat que prenait le soleil pour se lever et éclairer la ville? Je rentrais encore ivre, il était 5 heures, le rose du ciel emplissait tout mon être et le désir grimpant le long de mes cuisses, sur mes fesses, écartelant mes membre, délassant mes chevilles et torturant mon cou. Le soleil s'est levé entraînant dans sa course mon plaisir absolu, incandescent et brut. J'ai crié sur la ville un matin de pleine lune. 
Je ris très fort je pleure très fort je vis très fort et n'attend plus mon tour parce que le tour est là la tour s'offusque je prends le roi. 
Mon plaisir analogue, mes ongles qui te lassèrent. A qui parle t'elle celle qui laisse s'échapper les hommes, celle qui s'enfuit dans le dédain, celle qui pleure un amour perdu, celle qui romance tout ce qui la tue. 
Je vibre. 
C'est parfois la mélancolie qui gagne et alors je la laisse entrer, la laisse ramper le long des membres et entrelacer mes complexes, embrasser mes peines anodines et provoquer l'apothéose le désir d'en finir la peur de s'enfolir. 
Avec le temps mes joies sont devenues plus nombreuses, bien plus excitantes que mes peines et je m'ennuie moins bien qu'avant. 
Avec le temps j'ai appris à tous les avoir à séduire le bel inconnu comme l'ami de longue date. Je me demande juste qui sera là, quand j'aurai des rides jusque dans les pieds quand mes souvenirs seront ma seule force, quand je repenserai aux mers que j'ai vu, aux pays dans lesquels j'ai vécu et aux gens, fascinantes personnes que j'ai tant aimés. 
Je me demande juste si je serai seule, si à trop chercher on ne trouve jamais. 

Mardi 29 mars 2011 à 0:43

 Je crois que tout est lié, quand les mots ne viennent plus c'est parce que je ne les tire pas et surtout parce qu'il y a des moments dans la vie où j'oublie tout de la poésie. Alors je suis une cage ancrée dans le réel, amarrée au port de la vérité, ne cherchant plus la beauté du désert et les vagues caressantes. Je suis là, impassible et blessante, le regard forcé et l'âme amaigrie, traînant autour de moi ce qui me paraît cher. 
Je ne chéris plus la beauté d'un mirage ou les visages dorés des animaux lointains. Je ne vibre que pour moi et le sexe dur et fier. 
Ce n'est pas très drôle. J'ai l'impression de sortir de moi, de me regarder faire, lointaine, hautaine et le regard passif. Plus rien ne m'enivre comme parfois, plus rien ne me lève le matin, plus rien que ses mains dans mon corps. Ses mains qui ne me plaisent même pas. Qui m'étouffent et m'enserrent autour de son unique objet, dur comme un tronc, dont la sève me perfore. 
Et pourtant je subis, ses excès de chaleur, ses bonheurs ridicules, ses tremblements émotifs et pathétiques, dans l'espoir d'évincer mes peines, mes hontes et mes tourments. 
Et je suis désolée de me regarder faire et de vous le décrire comme une débutante. 

Lundi 7 mars 2011 à 10:00


Il est neuf heures et quart à l'heure où elle nous parle. Ses yeux verts délavés emplis d'aspérités sont fous. Son teint de porcelaine a viré sa cuti et d'un blanc presque vierge il est devenu sali. 
Elle aussi, salie, salie mais si amorphe que les émotions coulent le long de ses deux jambes et que rien n'y paraît, ni tremblements, ni peur, ni rien qui les trahissent. 
 Elle avance et avare de temps et d'espérances, elle court méthodiquement jusqu'à la porte du salon. Elle court. Comme on essaie de s'accrocher aux murs à toute vitesse pour ne pas vaciller. Vaciller comme le vide en elle et toutes les rémanences de toute les décadences des nuits qui ont passé entraînant tous les jours et les matins qui crient.
Elle sait que ses espoirs d'enfant, cette clarté innocente qui inondaient ses jours n'ont plus qu'à s'oublier et à trouver chez d'autres une table pour manger.
Bon sang qu'il est bon, terriblement enivrant, de la voir là, à demi-nue, éclairée par les néons fous de la cuisine. Il y a cet autre garçon assit là-bas, qui la surprend de ses yeux ternes. Il la surprend et en lui le désir reprend comme si cette pause intemporelle avait cessé par le remuement du bassin féminin. Elle ne le voit pas encore. Elle nous fait signe que rien ne va plus. On ne pourra pas l'aider, on ne pourra plus, c'est entendu. Et cela fait bien longtemps d'ailleurs, que son salut n'est plus ici. 
Le garçon se lève et tel un cauchemar dépecé, s'approche, doucement, sans faire de bruit. 
Elle est en train de courir elle
dans sa tête
elle est en train de vaincre la moiteur de l'air insoutenable, en train de se battre contre l'insoluble question du temps qui passe. 
Et lui en un instant, serrant sa taille, de guêpe, lui en un instant qui s'accapare de de cette peau diaphane, qui s'accapare d'un corps qui n'est plus à personne, un objet de désir gratuit, inconséquent. Inconséquent mais terriblement beau, de grâce et de cette liberté qui n'appartient qu'aux corps qui ne s'appartiennent plus. Et elle soupire, d'amour ou de désinvolture, qui sait. Elle ne le dira pas, elle ne le dira plus et l'a t-elle jamais su ? 
Doucement, ses yeux se ferment, doucement elle sent la main délicate et pressante descendre sous ses reins. Doucement elle sent la vague indicible, douloureuse, déplacée, fugace, présente et morne du désir. Qui monte, monte, monte si fort en elle qu'elle gémit quelques fois. 
Et le garçon, le garçon la dévore. Il entre dans son corps comme on rentre chez soi. Avec le sentiment d'avoir déjà tout vu. Il entre en se jetant sur le sofa. Il rentre et ne déguste plus les lieux, trop de fois découverts, trop de fois dépouillés. Il entre avec le sentiment qu'il n'y a rien à prendre comme il n'y a rien à perdre. 
 



Dimanche 6 mars 2011 à 13:06

 Et elle vivait de remords, accaparée par ses souvenirs froids et affriolants qui la plongeaient dans une torpeur nauséabonde. 
Et les questions d'elles-mêmes surgissaient, se déployant autour du cercle générateur d'une énergie soluble. 
Ses yeux de chat, dans la nuit noire, ne voyaient plus, ne discernaient pas même les ombres du malheur qui s'abattait sur elle comme on s'abat sur l'eau. 
Elle courait à l'envers, tournait en rond, ne sentait plus la Lune, belle, désintéressée, volubile et cynique. Elle ne la voyait plus car elle avait la tête accrochée au plafond et que ses billes roulaient jusque dans les tréfonds, de la Terre la plus basse. 

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